Licenciement pour inaptitude pendant la maternité

Attention, pas de notification de licenciement pour inaptitude physique pendant la période de protection légale de la grossesse et de la maternité !

Une salariĂ©e en congĂ© maternitĂ© puis en congĂ©s payĂ©s Ă  la suite de son congĂ© de maternitĂ© a Ă©tĂ© licenciĂ©e un mois après son retour de congĂ©  pour inaptitude physique et impossibilitĂ© de reclassement. La salariĂ©e a assignĂ© son employeur devant le conseil de prud’hommes en nullitĂ© de son licenciement car prononcĂ© pendant la pĂ©riode de protection.

Rappel : Ă  l’époque des fait, l’employeur ne pouvait pas rompre le contrat de travail d'une salariĂ©e lorsqu'elle Ă©tait en Ă©tat de grossesse mĂ©dicalement constatĂ© et pendant l'intĂ©gralitĂ© des pĂ©riodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle avait droit au titre du congĂ© de maternitĂ© ainsi que pendant les 4 semaines suivant l'expiration de ces pĂ©riodes. Cependant, l'employeur pouvait rompre le contrat s'il justifiait d'une faute grave de l'intĂ©ressĂ©e, non liĂ©e Ă  l'Ă©tat de grossesse, ou de son impossibilitĂ© de maintenir ce contrat pour un motif Ă©tranger Ă  la grossesse ou Ă  l'accouchement. Dans ce cas, la rupture du contrat de travail ne pouvait prendre effet ou ĂŞtre notifiĂ©e pendant les pĂ©riodes de suspension du contrat de travail, Ă  savoir pendant le congĂ© de maternitĂ© et la pĂ©riode de congĂ©s payĂ©s qui suit et durant les 4 semaines de protection suivantes (c. trav. art. L. 1225-4 ancien).

En appel, les juges ont rejetĂ© sa demande de nullitĂ© de son licenciement. Selon les juges, la salariĂ©e a Ă©tĂ© licenciĂ©e pendant sa pĂ©riode de protection car elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e inapte Ă  reprendre son poste d’ouvrière spĂ©cialisĂ©e qui la mettait en contact avec le latex, le caoutchouc ou les produits ou outils contenant du nickel mais apte Ă  occuper un poste de bureau sans exposition Ă  ces produits. L’employeur, après avoir loyalement recherchĂ© une possibilitĂ© de son reclassement au sein de ses effectifs, notamment par la mise en Ĺ“uvre de mesures telles que mutations, transformations de postes ou amĂ©nagement du temps de travail, a Ă©tĂ© contraint de licencier cette salariĂ© en raison de l’impossibilitĂ© de son reclassement. Donc, il justifiait d'un motif lĂ©gitime pour procĂ©der au licenciement de la salariĂ©e pendant sa pĂ©riode de protection lĂ©gale de la maternitĂ© de 4 semaines suivant la suspension de son contrat de travail.

Mais la Cour de cassation censure la dĂ©cision des juges. La lettre de licenciement adressĂ©e Ă  la salariĂ© ne mentionnait aucun motif justifiant le licenciement d’une salariĂ©e en Ă©tat de grossesse,  Ă  savoir une faute grave commise par la salariĂ©e non liĂ©e Ă   son Ă©tat de grossesse ou l'impossibilitĂ©, pour un motif Ă©tranger Ă  la grossesse, Ă  l'accouchement ou Ă  l'adoption, de maintenir son contrat. Donc, le licenciement Ă©tait nul.

En effet, pour la Cour de cassation, le licenciement d’une salariée pour inaptitude physique et impossibilité de reclassement ne peut pas être prononcé pendant la période de protection légale de la maternité.

À noter. La période de protection de la grossesse et de la maternité a évolué depuis les faits de ce litige. En effet, aujourd’hui, l’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail d'une salariée lorsqu'elle est en état de grossesse médicalement constaté, pendant l'intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu'elle use ou non de ce droit, et au titre des congés payés pris immédiatement après le congé de maternité ainsi que pendant les 10 semaines suivant l'expiration de ces périodes.

  
Source : Cass. soc. 7 dĂ©cembre 2017, n° 16-23190

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